
3 - LA CHASSE A L'ELEPHANT
Avant mon arrivée, il avait été prévu une chasse à l'éléphant, pour le samedi suivant, pour me plonger dans la vraie vie africaine.
Nous n'avions pas parcouru plus d'une dizaine de kilomètres qu'une brutale embardée nous projeta dans les matitis. Et, brusquement, le silence ! La direction de la voiture venait de lâcher. Il ne nous restait plus qu'à continuer à pied.
Chasse envolée, éléphant sauvé, nous voilà en route pour un chantier voisin où vivait, seul, un agent français nommé Lebeau.
Lebeau nous répartit les places dans son unique chambre. Il fut convenu que lui, LD et moi, dormirions dans le vaste lit en bois, construit sur place, vaste mais qui ne pouvait cependant recevoir quatre personnes. Aussi, Duché s'installa-t-il au pied du grand lit, sur des coussins de fauteuil rassemblés dans un drap.
Partout, l'Afrique s'éveille tôt !
En cet endroit, au Gabon, pratiquement sur la ligne de l'équateur, la forêt s'étend, haute, sombre, dense et le soleil traverse, avec peine, la frondaison, sème des milliers de confettis d'or sur le sol.
Je prenais brutalement la juste proportion de notre importance, de notre passage tellement illusoire, face à l'immuable, l'inaccessible, le divin, la beauté pure.
Ce fut aussi l'ivresse animale, sensuelle, la rencontre en face de cet absolu. Je sus, à cette seconde, une semaine après mon arrivée sur cette terre, qu'entre l'Afrique et moi ce serait une histoire d'amour, sauvage tendre et indélébile.
N'OUBLIEZ PAS LA SEMAINE PROCHAINE :
4 - PALUDISME et MARIAGE
Les semaines suivantes s'écoulèrent à un rythme lent, paresseux, qui n'avait jamais vraiment été le mien.