FORCES OCCULTES ET SCHWEIZER

6 - FORCES OCCULTES ET SCHWEIZER

Ce village d'Ebel devait également me faire entrapercevoir la présence puissante et omniprésente, existant dans toute l'Afrique, de la croyance aux forces occultes...

 Dans le village, au regard de tous, au bord de la route qui le traversait, se dressait une case apparemment comme les autres. Mais, à certains signes, une personne avertie, tout au moins européenne, car aucun gabonais n'en ignore sa fonction, pouvait reconnaître en elle la case du M'Bwiti. 

Nous avions reçu, un jour, la visite de deux de ces joyeux dilettantes, aventuriers disait-on autrefois, comme on en croise quelques-uns dans ces régions, drôles, sans grandes attaches, exerçant divers métiers, au gré des déplacements, des opportunités.

Après le repas nous partîmes tous les quatre pour Ebel. Victor avait des acheteurs potentiels pour des objets M'Bwiti et il savait que ce village en détenait d'anciens et de fort beaux.

Un jour, Claude, qui devait se rendre à Lambaréné, me proposa de l'accompagner. 

C'est pourquoi l'hôpital du grand docteur s'étalait dans une suite de cases basses, en dur pour la partie clinique, et de tout un désordre de cases traditionnelles, construites sur un terrain défriché sur lequel ne restaient que de grands arbres...

La fille du docteur Schweitzer nous reçut fort gentiment et accompagnée de Maria Kagendjik, ombre discrète et fidèle du médecin durant plusieurs décades, nous fit visiter les différentes parties de l'hôpital. 

Il y avait les lépreux, bien sûr, les premiers patients de l'hôpital. Nul ostracisme ! S'ils avaient leurs cases précises, ils circulaient librement, j'oserais dire, l'air heureux, aucune tristesse, aucune révolte dans leurs yeux et pour eux, être chez le " grand docteur ", soignés et nourris chaque soir, un toit pour dormir, représentait une petite part de bonheur, de luxe suprême, au regard de ce qu'ils auraient connu en restant dans leur village d'origine. 

N'OUBLIEZ PAS LA PROCHAINE SEMAINE :

7 - SE RESIGNER AU VOL

Vint le temps de la grande dèche...

 

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  • Date de dernière mise à jour : 15/10/2026

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    Commentaires

    • Delarose

      1 Delarose Le 16/09/2026

      Ce voyage à Lambaréné, en compagnie d'un autre coopérant et de Marie France, fut une surprise qui me permit de mieux comprendre l'âme africaine et les aspirations des habitants du plus vieux continent, à l'origine du monde. Voici ce que j'écrivis dans mon premier ouvrage :
      " C’est à cette époque que je rencontre la fille du docteur Schweitzer. Profitant d’un voyage à Lambaréné, je me rends avec des amis sur les lieux mêmes où exerça le célèbre docteur, lauréat du prix Nobel de la paix. Lors d’un repas pris en commun, elle nous parle longuement de son père, de sa philosophie et de son amour pour les plus déshérités. Et, il en fallait beaucoup pour vivre au cœur de cette forêt inhospitalière, au service des plus pauvres. L’hôpital ressemble plus à une cour des miracles qu’à un véritable hôpital, tel que nous le connaissons dans nos pays civilisés. Les malades y vivent avec leur famille, leurs enfants, leurs animaux aussi. Tous apportent le réconfort à celui qui est hospitalisé, souvent pour des maladies graves comme la lèpre ou les ulcères. Schweitzer avait compris l’importance de ne pas séparer le malade de sa famille, le réconfort apporté étant aussi vital que les soins dispensés. Nous le comprenons dans nos pays depuis si peu de temps ! "

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