DIFFICULTE DE SE LOGER

9 - DIFFICULTES DE SE LOGER

Dans cette ville, le milieu professionnel était un milieu d'hommes, mené par les hommes. Les couples se faisaient ou se défaisaient au gré des palpitations des ventres ou des cœurs et, en somme, tout le monde était un peu cousin.

Je me sentais en vacances et c'est peut-être parce qu'on ne possède qu'une valise, qu'on se sent en vacances. Après les deux mois d'intérim, j'en recommençais immédiatement un autre. Je trouvais une chambre, pour une somme modeste, dans une case au milieu d'habitations africaines, occupée par une européenne, une veuve sans âge, qui n'avait pas voulu rentrer en France et vivotait là. 

 Les choses se gâtèrent très vite, une quinzaine de jours plus tard, il me fallait trouver quelque chose de plus tranquille que cette chambre.

J'eus, alors, l'idée de demander un rendez-vous au consul de France, Roussy, en poste dans cette ville, rencontré un soir, au cours d'un dîner.Il me proposa d'occuper la case du vice-consul, actuellement en congé avec sa famille. 

Mes journées de travail se terminaient tard, parfois jusqu'à vingt heures, et souvent en compagnie d'un jeune comptable. Il était d'humeur toujours égale, joyeuse, reposante. 

 Je commençais à prendre des leçons de conduite, obtint mon permis et fit l'acquisition d'un solex. Les studios voisins du mien étaient occupés, l'une par une femme aux allures d'adolescente fragile dont le mari travaillait en brousse et ne rentrait que les week-ends, l'autre par une blonde, copine de Marylin, en cours de divorce, ultra décolletée, ultra maquillée, ultra court-vêtue, et talonnée ultra haut, qui profitait allègrement de sa liberté.

L'histoire, un soir, faillit mal tourner. J'entendis Aline, d'une voix que je ne lui connaissais pas, taper contre la porte arrière de mon studio. En ouvrant, je la vis, affalée sur le béton du sol, et visiblement pas au mieux de sa forme.

 J'allais parfois avec Pierre, le cousin de Daniel, balader au bord de la plage où faire une partie de baby-foot au bar de  " La Quique ", du nom de cette femme énorme et forte en gueule, au visage poupin, qui vivait au Gabon depuis presque cinquante ans. 

Le premier territoire d'Afrique que l'on découvre est un peu comme la naissance de son premier enfant, c'est inconnu. On peut en avoir d'autres, les aimer tout autant, mais l'émotion du premier enfant ne se retrouve pas, ne se renouvelle pas.

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10- ARRIVEE AU ZAÏRE

" Ouvrez, sûreté nationale ! "

J'allumais la lampe de chevet. Il était deux heures du matin...

Date de dernière mise à jour : 23/10/2026

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