Coopération plutôt que compétition.

Cooperation

La clé pour changer de modèle de société

Il faut changer de « modèle de société », trouver une alternative au capitalisme, dominé par la recherche absolue du profit et par la loi du plus fort au détriment de l’égalité et de la fraternité, et aussi une alternative au socialisme, dominé par l’Etat et le collectivisme, qui tous deux ont montré leur limite. Telle est la conclusion de plus en plus évoquée par des philosophes, mais aussi par de plus en plus de personnes qui aspirent à un autre type de société.

Mais si les diagnostics convergent,  ils ne sont guère suivis par de réelles propositions alternatives ou bien ces dernières restent très partielles. Même d'éminents sociologues et économistes parmi les plus écoutés en ce moment pour avoir alerté et prédit la crise actuelle axent leurs propositions sur la nécessité d’une forte régulation, d’une suppression de la spéculation financière, du renforcement et de la redéfinition du rôle de l’Etat face aux puissances financières multinationales, d’une éventuelle nationalisation des banques.... sans aller vraiment plus loin.

Cette question du « modèle de société » doit nous interpeller dans sa globalité, pas seulement dans sa composante économique, ni seulement sous l’angle écologique. Une des principales clé de la réflexion sur le moteur de fonctionnement, qui mène justement à tous ces dysfonctionnements sociaux, économiques, écologiques et même politiques, semble être la primauté accordée à la compétition sur la coopération, répondant à la logique du plus fort.

En économie de marché capitaliste, basée sur la recherche du profit, la primauté est donnée à la concurrence sur un marché libre, où devront gagner les plus forts au détriment des plus faibles. Le but recherché des entreprises et des individus qui composent la société est avant tout la recherche du profit et non l’intérêt général et le développement humain. L’hypothèse est que l’argent fait le bonheur des hommes et que l’optimisation par la recherche du profit conduit à la meilleure façon d’augmenter la richesse globale.

Mais ce système comporte de graves erreurs :

1  -  L’argent ne fait pas nécessairement le bonheur,

2 -  L’accroissement global du gâteau ne se traduit pas par une retombée en pluie de la richesse créé, mais par l’accaparement de celle-ci par une minorité de personnes déjà riches et puissantes...

- Dans le domaine de l’éducation, l’école et l’université les élèves sont victimes de la concurrence entre établissements scolaires  car ces derniers privilégient la réussite de leurs meilleurs éléments et ont tendance à négliger les plus faibles.

Dans les secteurs publics et notamment dans la police,  la culture du résultat et du chiffre amènent certains policiers à refuser des dépôts de plainte...

- Dans le domaine de la santé, la concurrence entre les hôpitaux et la course à la rentabilité conduit à une concentration des établissements, donc à un problème de maillage du territoire accélérant la désertification des campagnes et les déséquilibres sur le territoire.

- Dans certaines entreprises,  l’accroissement du nombre de suicides est une conséquence de la mise en place de cette politique du chiffre et de la compétition.

Dans l’organisation du monde et la politique internationale : la concurrence mondiale pour les ressources terrestres en voie de raréfaction, pour le pétrole, les matières premières, l’eau et même les terres agricoles, conduit les pays à se faire la guerre pour s’accaparer ces ressources. Au lieu de s’entendre ensemble, de s’organiser pour contenir le réchauffement climatique, pour partager les ressources et veiller à ce que leur consommation n’excède pas leur renouvellement, les nations ont tendance à refuser la coopération, comme par exemple les Etats-Unis et la Chine qui ont refusé de signer les accords de Kyoto.

Dans le domaine politique : la concurrence entre la droite et la gauche ne permet guère de faire progresser les choses de manière harmonieuse. Une fois au pouvoir, le parti qui l’emporte a tendance à imposer sa loi, même si au final plus de 50% des électeurs n’ont pas été satisfaits. Rien ne l’oblige à coopérer avec l’opposition. L’opposition de son côté, se sent obligée de dénigrer systématiquement l’action du gouvernement en place pour rester dans son statut d’opposition. Cela peut même conduire à des blocages institutionnels. En politique aussi, ne faudrait-il pas apprendre à coopérer plutôt que se faire systématiquement concurrence.

Cette approche coopérative est de plus en plus mise en valeur comme une alternative à l’approche compétitive. 

L’approche coopérative n’est pas seulement une nouvelle manière de travailler, de s’organiser. Elle suppose aussi de se fixer un objectif basé réellement sur l’intérêt général, sur un niveau de service, sur des critères de satisfaction, de qualité, de préservation de valeurs, plutôt que sur l’unique critère du profit.

Une organisation privilégiant la coopération peut être une alternative au capitalisme, notamment au capitalisme financier, mais aussi une alternative au socialisme centré sur l’Etat, en responsabilisant mieux les citoyens.

La société coopérative est fondée sur la confiance en l’autre et sur la motivation de solidarité, d’aider l’autre, non de le dominer. Elle suppose une conscience et une responsabilité citoyenne, s’appuie sur un autre comportement. Mais pour que cela fonctionne, il faut que les organisations humaines, les entreprises, les organisations internationales, les nations, les partis politiques, privilégient la coopération plutôt que la compétition.

La société coopérative est une société humaniste. Elle est la clé de voûte d’une approche idéologique que l’on peut appeler :

 l’humanisme, en alternative au capitalisme et au socialisme.

 Voici l'une des clés de la transformation de notre société en une société plus juste et plus humaine.

 

 

 

 


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Date de dernière mise à jour : 07/12/2017