Mon grand père.

 Je dois vous dire qu'aussi loin que mes souvenirs remontent je n'étais en quête que de paix, d'harmonie, de sérénité et de sagesse. J'avais une naïveté tellement utopique que j'étais persuadée être venue participer à une grande aventure, avec des millions de gens comme moi, qui souhaitaient voir arriver la paix sur terre. Je pensais que nous construirions cela tellement normalement que nous pourrions repartir à la fin de notre vie en laissant un monde en paix, où il n'y aurait plus de famine, de guerres, d'enfants malheureux, d'animaux qui se mangent entre eux. Si, si, je vous assure que ma naïveté allaient jusque là... et que notre Créateur ne nous demandait que cela, descendre sur cette planète tout cet Amour Inconditionnel, que nous vivions sur le plan d'où nous venions.

 Je suis heureuse de rejoindre votre groupe et d'y trouver ce non jugement, cette fraternité dans le respect du partage authentique, de la pureté du coeur et de l'âme et la simplicité que j'avais pour l'instant, déjà eu la grande chance de rencontrer, depuis plusieurs années, chez des amis intimes. Qu'il est doux à l'âme de voir la "Vraie" famille s'agrandir ainsi, enfin ! Que le Divin Père/Mère inonde vos coeurs et vos âmes de joies et de bénédictions, pour toute la joie et le bien-être de la certitude intérieure enfin retrouvée d'être là où il faut, dans la vision d'un plan si grand qu'il dépasse notre compréhension, mais où tout est juste.

 Il est si agréable de pouvoir échanger autour des "rêves" et de la vérité intérieure de chacun, dans le respect total et fraternel de toutes les opinions ou visions personnelles. C'est un vrai privilège dans ce monde de troisième dimension, où le mental joue encore le jeu des questions, même s'il sait, comme le disait Satprem : "Je me suis aperçu que la réponse était dans la question"...

 Si je parle de fraternité, c'est qu'en m'incarnant ici, j'avais une telle certitude de la trouver établie en ce monde que je n'ai jamais cessé de la chercher, tout au cours de ces années. Comme il est réconfortant pour l'être de la découvrir, mais comme il est un peu triste cependant, de constater que tous les êtres ne vivent pas encore dans cette unité, qui fait de nous les "cellules" uniques et en même temps identiques, ne composant qu'un seul corps. Mais si nous continuons à vivre chaque jour davantage nos "rêves", nul doute que tout cela arrivera bientôt.

 Il me semble aussi que nous "descendons" ici, entourés d'êtres chers, avec qui nous sommes en interrelations pour nous aider à progresser, à évoluer vers toujours plus d'humanité et de sérénité.

 Mon Grand-père fut mon premier Maître de Sagesse.

 J'ai pu bénéficier de la sagesse de ce Grand Père si tendrement aimé, et des expériences vécues avec lui, qui ont,  je m'en suis rendue compte plus tard, déterminées tout le reste de ma vie, ici...

 Dès mon plus jeune âge, et pour des raisons bien précises, j'étais arrivée ici, avec un lien très particulier avec ce Grand-père, d'abord parce qu'il marquait pour moi, une préférence non dissimulée, qui agaçait un peu le reste de ma famille, je dois le reconnaître ; mais aussi, parce que nous avions une particularité : nous n'aimions pas parler... Nous aimions simplement être côte à côte, tout en ne cessant d'échanger... par télépathie. Je ne le compris que bien plus tard, alors que j'accumulais les difficultés à me faire comprendre de tout le reste de ma famille, avec qui ça ne "fonctionnait" pas, sans que je comprenne pourquoi.

 Donc de ce Grand-père, je me souviens comment il me racontait, dans ce merveilleux jardin qu'il avait rendu si vivant par ses bons soins, la nature, les fleurs, les légumes, qui vivaient et avaient comme moi, une « âme intelligence groupe » et leur mode d'expression... Et moi qui lui racontais mes échanges avec les oiseaux. Il était devenu le seul avec qui je pouvais parler de cela, car ma Grand Mère, qui pourtant "barrait" le feu, entre autres petites spécialités, avait clos le sujet, en se moquant gentiment de moi, ce que du haut de ma "petite personne", je n'avais pas beaucoup apprécié, trouvant le sujet des plus naturels et sérieux.

 Comme je me sentais tellement vivante, heureuse et en "harmonie totale" avec tout l'Univers, lorsque j'étais prêt de lui ! Comme tout était si simple, lorsque nous nous promenions l'un près de l'autre, comme si la compréhension des choses fleurissait pour moi, sous nos pas ! Avez-vous, vous aussi,  connus ce sentiment si particulier d'unité ? Bref, il n'y avait que chez mes grands-parents que j'avais cette sensation d'être vraiment, pleinement moi. Tout cela pour vous dire combien ma souffrance de petite fille a été immense, j'en frissonne encore, lorsque nous nous sommes vus la dernière fois sur terre. J'étais en colonie, j'avais à peine 10 ans, et il était venu avec de la famille ; nous avions passé un moment merveilleux, mais lorsqu'il est parti, nous nous sommes tous les deux retournés, et les yeux pleins de larmes, nous nous sommes dit adieu en silence, car nous savions tous les deux que nous ne nous verrions plus jamais ici, de son vivant. Quelques jours plus tard, le soir, les autres filles dans le dortoir, faisaient une bataille de polochons. Je les regardais, allongée sur mon lit, quand soudain, je me suis retrouvée, en même temps, dans la chambre de mes Grands Parents, où je voyais mon Grand Père, qu'on venait de vêtir d'une chemise bleu claire à manches courtes. Je voyais ma Grand Mère qui pleurait en silence auprès de lui, et je compris, qu'il nous avait quitté. C'était une soirée de juillet, et il était vraiment parti rejoindre le paradis blanc, je l'appris trois jours plus tard, en rentrant dans ma famille. J'étais désemparée, ne sachant pas encore que je le reverrai moins d'un an après dans son "corps éthérique".

 Aujourd'hui, je suis une grand-mère qui se serait bien contentée d'être une "pile d'amour" et une "Granny's cake" pour ses petits-enfants, me retirant de plus en plus dans le silence, cherchant toujours plus à servir, et toujours en quête de plus de sagesse.

 Mais depuis un peu plus de deux ans, la vie a bousculé un peu mes plans...

 Je vous raconterai cela dans un autre article...

 Lucie.